Ma conférence

C’est quoi une conférence gesticulée?

La conférence gesticulée est un style de spectacle à l’intersection du théâtre et de la conférence académique, on y mélange des savoirs chauds (récits de vie) à des savoirs froids (savoirs théoriques et politiques).

Cela ne donne pas un savoir tiède. Cela donne un orage !

L’idée de la conférence gesticulée est celle d’une transmission, qui n’est JAMAIS autorisée, jamais organisée : la transmission de l’expérience collective, (c’est-à-dire politique) que nous emmagasinons au fils de notre expérience. La conférence gesticulée est une arme que le peuple se donne à lui-même. C’est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations «culturelles» où l’esthétique qui prendrait le pas sur le politique. Permettre à autrui d’entrer dans notre subjectivité et d’y atteindre l’universel et donc le politique. Dévoiler les systèmes de domination à l’œuvre tels que nous les avons vécus et rassembler des savoirs utiles pour l’action collective.

C’est l’idée aussi d’une prise de parole citoyenne et humaine.

C’est comme un spectacle?

Oui et non. Oui car c’est vivant, drôle et émouvant (enfin j’espère…).

Et non car je ne suis pas comédienne et que je veux passer un message politique. D’ailleurs dans la plupart des cas c’est suivi le lendemain d’un atelier d’éducation populaire pour permettre aux personnes volontaires de se mettre en marche pour transformer la société.

Ma conférence

Je suis une zèbre bercée par les contes fées, mon préféré : Cendrillon !

Mais cette Cendrillon a subi des déconvenues et s’est rebellée, elle ne croit plus au prince charmant qui viendrait la délivrer d’une domination pour lui en imposer une autre, mais en l’Autre comme un allié. Elle s’écrit une autre vie que celle qu’on lui avait défini, elle prend conseil auprès de sa marraine Olympe et de ses nombreuses grandes sœurs : Christine, Simone, Virginia, Angela, Virginie, Benoîte,… Confrontée aux injustices matérielles que le système patriarcal lui impose, elle interroge sa (pré)destinée aux vues de statistiques percutantes et décide de ne plus la subir, de se mettre en marge, de se mettre en grève et de prendre la parole.

Pourquoi le féminisme?

J’arrêterai de parler de féminisme le jour où les femmes auront atteint l’égalité de salaire, de traitement, de justice, qu’elles ne seront plus violées, battues ou tuées car elles sont femmes. Qu’elles pourront disposer de leur corps sans se justifier, qu’on ne se servira plus de leur corps pour vendre des voitures et des yaourts. Quand on arrêtera de leur dire quoi faire, que dire, ou marcher, que porter, comment baiser, comment élever ses enfants (ou pas), comment se tenir, à quoi doit ressembler leur corps, quel travail est fait pour elles … ce jour-là promis j’arrête !

Et les ateliers d’éducation populaire ?

Pour que les conférences gesticulées ne deviennent pas un objet culturel où l’on vient consommer du discours politique à bon compte, chaque conférence est suivie de son atelier pour approfondir la thématique, débattre et analyser collectivement pour enfin passer à l’action.

Les ateliers sont d’éducation populaire car les « techniques » utilisées permettent à tout le monde de s’exprimer et d’apporter leurs savoirs sur le sujet.